Derrière le dermographe de Sour & Sweet Tattoo

Aujourd’hui, C’est Morgane Mangetesmortsky aka Sour & Sweet Tattoo qui nous dévoile qui se cache derrière son dermographe. C’est par ailleurs Morgane qui est à l’origine de mes hirondelles tatouées il y a maintenant 6 ans.

Morgane est à droite, (Crédit photo Samten Norbu)

Quel métier rêvais-tu de faire lorsque tu étais enfant ?

Petite, je rêvais de devenir styliste de mode, mais après un stage dans ce milieu, j’ai vite déchanté. Je voulais être Jean-Paul Gaultier ou rien !
Plus tard, je voulais être psy. J’ai fait un an de fac de psychologie, mais j’étais déjà plus artiste que scientifique, du coup j’ai continué à beaucoup lire sur le sujet mais j’ai réorienté mes études. Finalement, certains jours, je me sens un peu psychologue avec mes clients !

Quel est ton premier souvenir de tatouage ?

Mon premier souvenir de tattoo n’est pas génial. C’était mon premier tattoo, fait par un tatoueur local sans talent. Je voulais une petite étoile, il m’a dit « J’en ai pas, faut te la dessiner toute seule. » J’y connaissais rien, j’avais 18 ans, j’étais entrée là sur un coup de tête avec mon meilleur pote gay, du coup j’ai dessiné mon étoile sur un coin du comptoir et il me l’a tatouée, tant bien que mal.
Mais je préfère me rappeler de tous les souvenirs géniaux avec Sacha Lehne (Tiger City à Oslo et anciennement Primitiv Abstract à Strasbourg). Quand je l’ai rencontré, il m’a fait voyager dans des conventions internationales. Tout ce milieu me fascinait, j’étais juste étudiante en art, mais j’ai su tout de suite que je voulais devenir comme eux.

Qu’est ce qui t’inspire le plus dans la vie ?

La vie elle-même, l’amour, la musique, l’art, les gens. On peut trouver l’inspiration partout. C’est un peu bateau de dire ça mais tous les artistes te répondront la même chose, un rien peut nous faire vibrer, un grain de sable peut ouvrir un infini d’imagination. Les expériences, les sensations, les émotions, tout peut se transformer en une inspiration.
Se greffe à cela des lubies, plus ou moins persistantes. J’aime les univers fantastiques, la science-fiction, la poésie et le romantisme qui s’en émane. J’adore les licornes, les sirènes, les voyages interstellaires, les arcs en ciel, les princesses et les oiseaux.
J’aime les cultures qui prônent un folklore populaire qui est visuellement riche comme le Mexique, la Russie, le Japon, la Chine et mon Alsace natale, entre autres !

Quelles sont tes influences musicales, cinématographiques, littéraires, picturales ou autres, en un mot, artistiques ?

En ce qui concerne la musique, j’écoute de la soupe pour adolescentes, et j’assume !! J’adore Yelle, Rihanna, Britney Spears, Aakon et Eminem !
Pour le cinéma, j’aime Harry Potter, Star Trek, j’adore les films et les séries historiques, tout Tim Burton évidemment, et toute l’œuvre de John Waters, maître incontesté de la controverse et de la provoc !
Sinon des artistes plasticiens comme Jeff Koons, Marc Ryden, Vania. Puis comme j’ai étudié l’art, des siècles d’œuvres ont transité par mes yeux et m’ont forcément influencée !
Concernant le tattoo, j’aime les tatoueurs qui sont avant tout des artistes. Certains sont devenus mes amis maintenant et j’en suis très fière, pas de notre amitié forcément, mais fière, en plus d’admirative maintenant que je les connais, d’eux, de leur parcours, de ce qu’ils ont apporté au monde de l’art, pour ne pas parler que du tattoo qui serait trop restrictif pour apprécier leur travail. Je parle en l’occurrence de ma belle Alix Ge, de Jean-Luc Navette, de Topsi Turby, ou encore de Rocky Zéro.
Et je me dois de citer aussi ici Sacha, qui m’a non seulement influencée mais tout appris de ce métier que j’adore, et que je ne remercierai jamais assez.

Peux-tu me parler de tes propres tatouages ? Que représentent-ils ? Quelle est leur histoire ?

J’adore les décorations très chargées, les murs vides, je trouve ça anxiogène. Du coup, j’ai tout de suite su que je voulais me remplir de tattoos quand j’ai découvert ce milieu à 18 ans. Parfois le sens est secondaire. Beaucoup ont juste été  faits parce que je les trouvais beaux. J’en ai bien sûr d’autres liés à des souvenirs personnels. Et certains ont un sens qui s’est ajouté plus tard, comme si je savais mais n’avais pas tout de suite eu la conscience. Mes choix de motifs m’en apprennent sur moi-même. Il y a de la magie dans chacun d’eux pour moi, pour diverses raisons. Ils me rappellent tous, que ce soit en amont ou en aval de la démarche, quelque chose, quelqu’ un, un moment, un sentiment, un état d’esprit.
La plupart ont été réalisés par mes ami(e)s. Ça me permet de les avoir avec moi. L’affect est très important dans ma démarche de choix.
Par contre, si je n’étais pas aussi douillette, j’en aurais beaucoup plus !

Quels artistes t’ont tatouée et pourquoi ?

Pour en citer quelques uns : Sacha Lehne, Alix Ge, Stefi Adrenalink, Rocky Zero, Sunny Buick, Virginie B, Armelle Stb, Woody Hills , Lionel Out of step, David Morrison, Julie la buse…
Pourquoi ?? Parce que je les aime !

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As-tu d’autres projets en tête ?

J’ai toujours plein de projets. J’adore le tattoo mais il n’est qu’une des diverses pratiques artistiques. Je bricole beaucoup aussi à côté, j’ai toujours été une gamine très manuelle !

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Le tatouage se démocratise, les regards changent, comment va évoluer le tatouage selon toi ?

Selon moi, on a connu une émergence de beaucoup de nouveaux tatoueurs qui ne dureront pas. Des tatoueurs bas de gamme, qui font tous la même chose, et pas forcément bien. Eux seront bientôt, d’abord concurrencés, puis remplacés définitivement par la machine à tatouer. Je l’ai vue fonctionner de mes yeux et on ne peut pas l’ignorer.
Dans deux générations, on en trouvera à tous les coins de rue, comme des photomatons, où tu pourras mettre ton bras et un billet de 20 et t’auras un signe infini nickel. C’est le futur, c’est comme ça. Au début, j’étais pas forcément pour mais ça existe donc on ne peut l’ignorer.
Par contre, on peut éviter sa concurrence en proposant des tattoos qu’une machine ne pourra jamais reproduire, et c’est pour ça que les tatoueurs, comme moi, qui développent une patte, un style, (et qui tiennent compte des contraintes de la peau et de l’influence du temps sur elle), on n’a pas de souci à se faire. Les gens vont de plus en plus rechercher l’excellence et l’unique, et se détourner des tattoos bas de gammes et des images qui ne sont pas destinées à être encrées (vieillissement pourri pourri !).
Là on vit le plein essor du tattoo, c’est encore mal accepté, mais bientôt ce sera aussi normal que de porter du rouge à lèvres. Et comme tout ce qui est nouveau, ça suscite de l’intérêt, puis ça va se calmer et il ne restera que le meilleur, le reste ayant été digéré comme inutile. C’est le même schéma pour tout, c’est inévitable !

Un petit dessin pour le blog, ses lecteurs et ses lectrices ?

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Où la trouver ?

Morgane Mangetesmortsky
au Petit atelier de dermographie
21 rue Ste Madeleine
67000 Strasbourg

Contact: doucesatine@yahoo.fr
Facebook / Instagram

Retrouvez-moi aussi sur Facebook et Instagram !

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