La digestion du tatouage

Il y a certainement, dans mon entourage familial, amical ou professionnel, des gens qui pensent que j’en fais trop, que le tatouage est une lubie qui me passera, une mode à laquelle je m’accroche. Je me rappelle même avoir eu ce type de réaction : « ne le fais pas, ce sera moche, comment feras-tu quand tu seras vieille ? » C’est classique me direz-vous, mais venant d’une amie, c’est surtout vouloir te mettre dans un moule même si tu n’y rentres pas, plutôt que de t’accepter telle que tu es. Le tatouage des uns n’a jamais obligé les autres à s’en faire ! Bizarrement, cette personne ne fait plus partie de mes amis aujourd’hui.

Pour moi le tatouage n’est pas simplement décoratif et joli. Et c’est dit sans jugement pour ceux qui le pratiquent seulement pour le côté ornemental. Pour moi c’est un grand art, au même titre par exemple que la musique, autre art qui m’a toujours touchée. C’est guérisseur et libératoire. Culturel et sacré. Puissant ou futile. Peu importe le sens finalement, la démarche en elle-même est importante comme moyen d’expression.

Pourquoi je vous écris cela ? Bonne question.

Ça vous est déjà arrivé de devoir « digérer » un tatouage ?

Celui que vous avez tellement voulu, longuement réfléchi, fantasmé sur votre peau nue, attendu des semaines voire des mois, souffert pour l’avoir dans la peau, soigné pour une belle cicatrisation et maintenant qu’il est là, vous ne vous y faites pas.

Il est exactement comme vous l’avez souhaité, l’artiste a fait un beau boulot de retranscription de vos désirs en y apportant sa touche personnelle, l’emplacement est bien choisi et pourtant, vous êtes surpris à chaque fois que vous le croisez dans le miroir. Votre image a changé, cette partie du corps n’est plus vierge et vous avez du mal à vous y habituer.

Cela m’est arrivé deux fois il me semble. Je crois que c’était pour mes premiers tatouages visibles sous les clavicules et sur les épaules. C’est comme si je ne reconnaissais plus mon corps. Il m’a fallu un peu de temps pour apprivoiser cette nouvelle peau encrée, cette nouvelle image que je renvoyais.

Je me suis posée des questions… Était-ce une erreur ? Non. Est-ce qu’il est différent de ce que j’avais imaginé ? Peut-être mais il est beau. Est-ce qu’il reflète ce que j’ai voulu exprimer ? Je pense que oui, même si la pensée est intérieure et ce n’est qu’une interprétation. Est-ce qu’il s’accorde bien à cet emplacement du corps ? Oui.

Bref, je n’ai pas trouvé réponse à mes questions. Il n’y en avait peut-être pas. Nul besoin de philosopher parfois, d’analyser chaque ressenti pour en déterminer une explication pragmatique. Laisser le temps faire les choses, écouter ses sensations, les voir évoluer et s’accepter. ❤

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5 réflexions sur “La digestion du tatouage

  1. Enfin un article qui en parle. Personnellement j’en ai aussi parlé dans mon article sur mes tatouages car ça m’est arrivé. Je me suis demandée en panique « pourquoi j’avais fais ça ? » parce que j’ai recouvert mes deux bras d’un coup donc ça m’as fait bizarre ☺️

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  2. Cela m’est déjà arrivé, effectivement. C’est un sentiment bizarre, car j’ai pour habitude de bien me préparer mentalement et lorsqu’il a été fait, je ne m’y suis pas vraiment fait…

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