Parole de tatoué-es : Claire

J’ai l’impression que le témoignage de Catherine vous a plu alors je continue !

Claire est une amie, on se connaît depuis une dizaine d’années maintenant. J’avoue avoir été surprise quand elle m’avait montré le flash qu’elle allait se faire tatouer par Frédéric Agid. Je me suis dit : quelle audace !

Je suis donc très heureuse de l’accueillir ici et qu’elle ai accepté de partager avec nous l’histoire de ce tatouage.

Qui es-tu ?

Claire, 37 ans, mariée et maman d’1 enfant de 5 ans 1/2 et d’un autre en cours de fabrication avec livraison prévue pour fin juin.

Dans quel contexte as-tu fait ce tatouage ? Comment s’est passé l’échange avec l’artiste ?

J’avais rdv avec Frédéric le samedi 18 novembre après-midi. Je suis toujours intimidée quand je rencontre quelqu’un pour la première fois, surtout en tête à tête. Frédéric m’a accueillie avec gentillesse et bienveillance dans son ancienne piscine de maison close transformée en studio ce qui m’a mis à l’aise. Frédéric aime prendre son temps pour préparer la séance et que tout se passe bien. Il met de la musique, on discute.

Il m’a proposé quelques modifications au flash que j’avais choisi ; propositions que j’ai validées. J’ai testé l’emplacement (l’épaule pour moi) et la taille, vérifié que ça me convenait. Quand tout était fin prêt, c’est sous sa main légère qu’on a continué à échanger de tout et de rien. Ce fut une belle rencontre et pour moi un moment suspendu dans le temps.

Que représente ce tatouage ? Quelle en est la signification, s’il en a une ?

Ce tatouage fut pour moi un véritable coup de foudre, tant sur le style de dessin (j’adore le style de Frédéric) que sur ce qu’il signifiait pour moi !

D’aussi longtemps que je me souviens, j’ai eu des troubles intestinaux. En 2013, mon généraliste pose un diagnostic de colopathie fonctionnelle ou syndrome de l’intestin irritable (SII). Mais comme j’avais toujours vécu avec, je n’y ai pas accordé plus de pensées que ça. J’avais appris à vivre avec et j’avais tendance à penser que je ne pouvais pas faire grand-chose pour y remédier. Moi et mes intestins, on ne sera jamais vraiment copains. Malgré tout, le diagnostic faisait son bonhomme de chemin dans ma tête.

Je suis tombée sur le flash de Frédric Agid au moment où je commençais à accepter, 4 ans après, que mon normal n’était peut être pas normal. Que je pouvais peut-être, en acceptant et en intériorisant ce diagnostic, gagner en qualité de vie. Mon SII n’est pas sévère, mais il est parfois handicapant et souvent source d’inconfort et de douleurs. Il génère aussi des concertos sonores, d’où le « pourquoi tu pètes toujours maman ? » de mon fils. Je me suis forcément reconnue dans ce dessin.

Ce tatouage marque dans ma peau le début de l’acceptation de la pathologie. J’ai aussi beaucoup aimé son humour car j’ai toujours préféré en rire et j’ai gardé un humour très pipi, caca, prout !

Quel type de réaction entraîne-t-il ?

Il suscite le questionnement, la curiosité et parfois l’incrédulité : « M’enfin ! Pourquoi ? » « Quand même, fallait oser ! »

Le président de l’association pour laquelle je travaille m’a même dit : « C’est temporaire. Ce n’est pas un vrai ! ». Heureusement, quand j’explique le pourquoi derrière ce choix, les gens comprennent.

Est-ce qu’il a changé quelque chose dans ta vie ou ta perception ?

En un sens. J’ai su, quand je l’ai vu, que ce tatouage était important pour moi et qu’il me le fallait. En plus de la signification qu’il revêtait à mes yeux, le choix de son emplacement s’est révélé déterminant. C’était mon 1er tatouage vraiment visible (les autres sont plus petit et/ou dans des endroits plus discrets) et il ne passait pas inaperçu.

Au début, j’ai eu du mal à assumer le regard des autres (des étrangers dans la rue mais aussi de ma famille) mais petit à petit, j’ai gagné en assurance. Je ne l’ai jamais regretté, au contraire. Plus je l’assumais, plus j’en étais fière. Fière d’avoir accepté ma pathologie, fière d’avoir osé ce tatouage et d’oser être moi-même.

Fait-il partie d’un processus d’acceptation ?

Oh oui ! De mon SII et de moi-même. Il a aussi participé, avec d’autres facteurs, du processus de libération du regard et du jugement des autres, que ce soit sur mon apparence ou mon comportement. Si qui je suis ne te plaît pas, c’est ton droit ; mais je refuse de changer pour correspondre à ce qu’on attend de moi.

Cette citation résume bien :

Compromise where you can. Where you can’t, don’t. Even if everyone is telling you that something wrong is something right. Even if the whole world is telling you to move, it is your duty to plant yourself like a tree, look them in the eye, and say ‘No, you move’.

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