Rencontre avec Freaky Hoody

Cette fois-ci, pas de photographe mais un modèle photo. Et pas n’importe lequel ! C’est au tour de Sylvain aka Freaky Hoody de se prêter au jeu de l’interview.

©Slaine Grew

Rencontré l’année dernière lors du Mondial 2017 sur le stand de Jeter l’encre, j’ai comme tout le monde été surprise par l’équation entièrement tatoué + instit. Cela soulève tout de suite beaucoup de questions. J’ai moi-même un enfant à l’école alors je me suis facilement projetée pour imaginer les réactions. On se doute bien que les enfants sont plus ouverts d’esprit que les parents et s’adaptent plus vite !

Nous nous sommes revus à quelques reprises depuis et il fait désormais partie de la team Jeter l’encre. Je plaisante souvent en disant qu’il est notre pin-up ! Il a tout de même la capacité à attirer les foules, comme il a pu créer des embouteillages devant notre stand au Mondial 2018.

C’est un jeune homme discret à l’humour décalé et au corps entièrement encré. Forcément, j’avais envie de partager avec vous les questions que l’on se pose face à une telle démarche.

©awenphoto
©heartbeatink

Bonjour Sylvain, peux-tu te présenter ?

Salut, je m’appelle Sylvain alias FreakyHoody sur les réseaux, j’ai 32 ans, je mesure 1m80 pour un peu moins de 70 kilos (BG), je suis professeur des écoles (instit’ quoi, comme ta grand-mère) depuis une dizaine d’années, ancien prof d’arts martiaux et clown de cirque (pour de vrai), j’aime les sushis, la pâte à modeler, les légos, les BD, faire des pompes et poser nu, les animaux morts sur les murs et les interviews de Nadine Morano.

Ah et je suis entièrement tatoué de la tête aux pieds (d’aucuns diraient « à 100% », ce qui est débile mais un peu vrai), d’où ma présence ici, je crois !

Comment t’est venu le projet de full body ?

En tant qu’instit’, je suis parti vivre (et enseigner, donc) deux ans à Londres à l’été 2012 au Dulwich College (qui a servi de cadre au tournage de certaines scènes d’Harry Potter) où la cravate était de rigueur. Au cours de mes pérégrinations au sein de la capitale de la perfide Albion, j’ai pu constater à quel point nos voisins d’outre-Manche étaient tatoués et SURTOUT à l’aise avec leur apparence ; gros, maigres, beaux, moches, grands, petits, hétéros, homos, tatoués, piercés… tous s’affichent sans honte et assument menton levé (‘chin up!’) leur apparence, tant dans la rue que dans le cadre professionnel, aussi bien dans les bureaux qu’au contact du public.

Ça a été une révélation ; comme tout le monde, je pensais depuis la majorité à me faire tatouer, mais le fait de constater que c’était finalement facile et accepté là où je me trouvais m’a fait franchir le pas ; après, j’ai toujours été un peu extrême (taré ?) dans tout ce que je fais, du coup je me suis lancé à fond dès la première année : les deux bras, PAN ; deuxième année là-bas : le torse et la jambe droite, PAN PAN. Retour en France ? On continue, pas de problème ! Je savais dès le début que je voulais tout recouvrir et c’est ce à quoi j’ai consacré tout mon temps, mon énergie et surtout mon argent depuis janvier 2013.

Après, pendant les trois premières années, personne ne le savait autour de moi ; j’étais toujours vêtu de manches longues et de pantalons, pensant alors ne pas dépasser la zone d’hirezumi japonais, à savoir tout le corps sans les parties « incachables » d’au-dessus du col et d’au-delà des manches ; et puis finalement, allez hein, merde, on n’a qu’une vie.

Quelles difficultés as-tu rencontrées sur ce projet ?

La principale difficulté rencontrée dans ce projet a été et est toujours financière ; quand j’habitais Londres, je devais me taper le loyer, la nourriture, le prix des transports… et les tatouages. Je suis revenu avec 5000 euros de dettes ! Du coup, je suis retourné vivre chez ma mère et j’ai pu rembourser tout ça et continuer de me faire tatouer en même temps (ô joie).

Estimation basse, j’en suis à 45 000€ environ (uniquement de séances), et comme je compte faire une deuxième, puis une troisième, puis une quatrième couche, etc etc jusqu’à finir tout noir, c’est un puits sans fond ! Je viens de créer une page tipeee sur laquelle chaque euro qui sera versé se transformera automatiquement en encre qui ira tout droit sous ma peau.

J’imagine qu’on s’attend à ce que j’évoque le regard des gens… alors je dirais que je m’en moque ! C’est embêtant de se faire contrôler par la police à chaque fois que je mets le pied dans une grande gare parisienne, mais on s’habitue. De même, les plus audacieux me posent des questions, toujours les mêmes, mais avec le temps, j’ai construit des réponses toutes faites, très pratiques pour couper court aux banalités.

Enfin, comme je me fais tatouer régulièrement, ma vie est une perpétuelle cicatrisation ! Avec son lot de conséquences : fatigue, baisse d’énergie, etc.
Une chose pour conclure : quand on est passionné, toutes ces difficultés deviennent anecdotiques !

©maxpilletpro

Imposes-tu une discipline particulière à ton corps étant donné que cela devient un outil de travail ?

J’ai toujours fait beaucoup de sport (j’étais professeur d’arts martiaux il y a une dizaine d’années, j’avais trois ceintures noires et un diplôme d’instructeur fédéral européen), mais j’avoue faire encore plus attention à mon physique depuis que je suis dans des agences de mannequinat, que je fais de la figuration pour des films et des séries ou que je suis rémunéré pour mon apparence.

Je continue de m’entrainer quotidiennement en musculation / fitness, stretching, cardio, mais je suis encore plus à cheval sur la nutrition, je suis un régime paléo très précis, je compte les calories, les macronutriments (protéines, lipides, glucides), je vérifie que mes aliments sont sains, je prends des compléments alimentaires, etc. Il m’arrive même certains soirs de me coucher à 20h et je n’ai pas bu une goutte d’alcool depuis 1 an et demi !

Après, le sport et la nutrition sont aussi des domaines qui me passionnent et je pense que j’en serais arrivé là même sans les tatouages !

Quelle est la prochaine étape ?

Ma prochaine étape est de me lancer dans la deuxième couche ! Je pense à des lignes façon Curly Moore, ou des motifs géométriques à la Tomas Tomas ou Sam Rivers en blast over, noir profond par-dessus ma première couche colorée.

Quant au futur proche de mon actu, TF1 prépare un reportage sur moi et je ferai partie du jury de Miss Tattoo France 2018.

©zozios

Comment te projettes-tu sur le plan professionnel et personnel avec ta singularité ?

Professionnellement, ça va, merci ! J’en suis bientôt à ma neuvième année d’instit’, je commence à gérer ! Je viens de passer brillamment ma deuxième inspection en plus, ce qui peut être synonyme d’avancement… on croise les doigts !

La carrière bis suit son chemin également, je décroche environ un cachet par mois, c’est une bonne moyenne, j’aimerais bien sûr la doubler ou la tripler, trouver des sponsors sur Instagram… mais inutile de s’impatienter ; si ça doit venir, ça viendra ! Lentement, mais sûrement.

Sur le plan personnel, plus on est différent et inhabituel, plus on divise, mais c’est plus un avantage qu’un inconvénient : mon apparence me sert de filtre automatique ; quand on est comme moi, on plait à un nombre plus restreint de personnes, mais on leur plait bien plus !

Merci Stefayako, et à bientôt sur les réseaux ! -> Freaky Hoody

 

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2 réflexions sur “Rencontre avec Freaky Hoody

  1. Le port obligatoire de la cravate marque une forte limite à la tolérance ou au manque de confiance!
    Une tenue correcte ou respectueuse d’autrui existe sans cravate!!!
    Michel

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