Derrière le dermographe de Frédéric Agid

Aujourd’hui, c’est Frédéric Agid qui répond à mes questions !

J’aime bien entendu ses dessins qui ont toujours une petite dose d’impertinence, mais surtout, j’adore les textes qui les accompagnent. C’est tout à tour tendre, lucide, drôle, nostalgique, provocateur ou encore caustique.

Quel métier rêvais-tu de faire lorsque tu étais enfant ?

Comme je suis né avec un crayon dans la main, que mon moyen d’expression privilégié a d’abord été le dessin, dès mon plus jeune âge je n’ai jamais cessé de caresser le rêve d’être un artiste, et plus précisément un artiste peintre, bien qu’au cours de mon enfance, le projet se mua en dessinateur de bandes dessinées, illustrateur, dessinateur publicitaire, designer de mobilier ou de motos, styliste, scénographe… bref : dessinateur.

Mais t’inquiète, moi aussi à un moment j’ai voulu sauver le monde avec un camion rouge, allumer le feu dans des salles remplies de groupies, découvrir le vaccin qui soigne la bêtise ou encore être le premier chef à obtenir 4 étoiles au Michelin.

As-tu une devise ?

Je ne crois pas, en revanche une manière de penser le monde qui m’accompagne au quotidien et que je tente de transmettre de mon mieux, oui.

Je suis de nature hédoniste, donc je balise mon existence en fuyant de mon mieux toutes sortes de déplaisirs. Je tente d’éviter les imbéciles, la médiocrité, la facilité, de suivre sans réfléchir, je préfère emprunter les chemins de traverse que les autoroutes. En vrai, je crois que je pourrais mieux te répondre ainsi : « Pourquoi faire simple quand on pourrait faire compliqué ? ».

Quel était ton premier tatouage ? Et le dernier ?

Mon tout premier tatouage a été fait par un artiste chez Tribal Act dont j’ai complètement oublié le nom, j’avais un motif géométrique en tête et comme il en avait réalisé un similaire pas longtemps avant je pensais qu’il serait le seul à accepter de me le faire. Je voulais voir comment il était possible de tracer de longues lignes droites…

Le dernier tatouage, c’est moi qui me le suis fait. C’est un projet très particulier que nous avons fait ensemble avec mon amoureuse Pauline : 2 mains qui se frôlent, encadrées de 2 fleurs. Moi je l’ai sur le bras gauche et elle sur les côtes. Nous l’avons fait à San Francisco, chez Temperance tattoo, où j’ai été en guest il y a quelques semaines.

Que représentent tes tattoos ? Quelle est leur histoire ?

Il faut savoir que je n’ai commencé à me faire tatouer qu’à partir du moment où j’ai démarré mon apprentissage du tatouage. Ayant appris seul (pourquoi faire simple, hein…), je me suis vite trouvé bloqué techniquement devant mes oreilles de cochon, alors j’ai entrepris de me faire tatouer par celles et ceux qui avaient un style graphique pas trop éloigné du mien. Pendant chaque séance je les bombardais de questions techniques, certains ont dû se demander si je n’étais pas un inspecteur de l’ARS (autorité de santé qui contrôle la profession)!

Chaque tatouage (hormis le tout premier pour son apprentissage technique) correspond à une étape de ma vie, un signe distinctif qui me distingue. C’est en soi assez banal, je l’admets, mais j’aime l’idée que le corps raconte aussi en images une forme d’identité traduite par un artiste.

Il y a un lion (mon signe astrologique), un lac d’amour (nœud marin) formé par 2 serpents, une ancre de péniche (j’ai vécu sur un bateau jusqu’à l’année dernière), une péniche, un loup des steppes (Hermann Hesse), une tempête dans un verre d’eau, un cube de tests WAIS, une femme joker, des couverts, un cycliste, un poisson-licorne.

Quels artistes t’ont tatoué et pourquoi ?

Comme je l’ai évoqué plus haut, j’ai cherché des artistes proches de mon univers graphique, donc qui travaillent en noir, avec un style graphique singulier.

Il y a Jeykill (Bleu Noir), Toma Pegaz (Landscape tattoo), Sailor Roman (aux US maintenant), Frank Carrilho (sur la route…), Franck Pellegrino (Bleu Noir), Bellesebuth (L’encrerie), et moi !

Qu’est-ce qui t’inspire le plus dans la vie ?

Les gens !
Ce qui me fascine le plus dans ce métier, et que j’avais tant sous-estimé, c’est la dimension humaine. Chaque rencontre (à quelques rares exceptions) est toujours un moment très particulier. Le temps s’arrête, il n’y a plus de téléphone, de mail, on se concentre sur le sujet qui nous rapproche : le dessin.

Grâce au tatouage j’ai fait parmi les plus belles rencontres de mon existence. Mes clients, bien entendu, dont bon nombre sont devenus des copains voire des amis, mais aussi mes consœurs/confrères que je croise lorsque je me déplace en guest. Toutes ces personnes qui se sont livrées à moi sans retenue, je ne les remercierais jamais assez, et peu savent à quel point elles m’ont fait progresser.
Alors si tu me lis, je te le re-dis : MERCI !

Niveau évolution du tatouage, t’es plutôt ancienne école ou nouvelle école ?

Mon style de dessin est inclassable, donc je dirais nouvelle école puisqu’il faut tout ranger dans des cases !

Mais il ne faut pas oublier que le tatouage est un art ancestral, qui s’enseigne et se transmet depuis des milliers d’années, donc ma façon de travailler et celles de mes pairs s’inspirent forcément de façon plus ou moins consciente des fondamentaux, c’est incontournable.

Dessiner sur la peau n’est pas nouveau, ce qui change c’est la perception du tatouage dans notre société, les évolutions techniques majeures de ces dernières années, la quête d’identité et d’appartenance à un groupe pour chacun d’entre nous qui fait que cet art est en pleine mutation, qu’il y a plus d’artistes, mais aussi plus de personnes tatouées, ce qui laisse entendre que nous avons encore de belles heures de travail devant nous.

Une actu à partager ?

Je me suis lancé il y a quelques mois dans une série de dessins flashs en reprenant chacune des 22 arcanes majeures du Tarot de Marseille. Ce travail a été repéré par un éditeur qui m’a commandé le jeu de Tarot complet (78 cartes) et qui sortira en mars prochain.

Un petit dessin pour le blog, ses lecteurs et ses lectrices ?

La couverture du jeu de Tarot refusé par l’éditeur…

Où le trouver ?

Remix

16 rue de Bucarest, Paris

fa@fredericagid.com

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4 réflexions sur “Derrière le dermographe de Frédéric Agid

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